Province de Sidi Bennour : des précipitations inédites nourrissent l’espoir d’une saison agricole prometteuse
Sidi Bennour – Les récentes précipitations enregistrées dans la province de Sidi Bennour ont ravivé l’optimisme des agriculteurs et des éleveurs quant aux perspectives d’une saison agricole prometteuse, après plusieurs années de sécheresse ayant lourdement affecté l’activité agricole et les ressources hydriques de la région.
Ces pluies revêtent une importance particulière, en ce qu’elles contribuent au soutien des cultures d’automne et à l’amélioration du couvert végétal des zones de pâturages, favorisant ainsi la disponibilité du fourrage naturel pour le cheptel et la réduction des coûts liés à l’alimentation animale.
Elles devraient également contribuer à la recharge des nappes phréatiques, qui ont enregistré, au cours des dernières années, un recul notable sous l’effet de la surexploitation et de la raréfaction des précipitations.
Cette amélioration observée à l’échelle locale s’inscrit dans un contexte régional globalement favorable, marqué par une nette embellie de la situation hydrique.
À cet égard, les barrages d’El Mellah et d’El Himer, relevant du bassin hydraulique de Bouregreg et de la Chaouia, ont enregistré une amélioration significative de leurs niveaux de remplissage.
Selon les données publiées sur le site de l’Agence du Bassin Hydraulique du Bouregreg et de la Chaouia (ABHBC), le taux de remplissage du barrage El Mellah s’est établi, au 26 janvier, à 88,58 %, pour un volume de retenue estimé à près de 31 millions de mètres cubes m³, contre 30,3 % à la même période de l’année précédente.
De son côté, le barrage El Himer affiche, à la même date, un taux de remplissage de 18,9 %, correspondant à un volume de retenue d’environ 2,65 millions de m³, contre 5,1 % enregistré à fin janvier 2025.
A l’échelle régionale, le taux moyen de remplissage des barrages relevant du bassin de Bouregreg et de la Chaouia s’établit à 95,1 %, contre 36,8 % à la même période de 2025. Le volume global des réserves hydriques atteint ainsi près de 1,054 milliard de m³, pour une capacité totale estimée à environ 1,108 milliard de m³.
Cette amélioration hydrique s’est également traduite par le remplissage de plusieurs plans d’eau que compte la province, dont la “Daya Ourar”, qui a enregistré un niveau d’eau inédit, en faisant une ressource hydrique d’importance pour la région.
Dans une déclaration à la MAP, Rachid, agriculteur de la région, a indiqué que ce plan d’eau couvre actuellement une superficie avoisinant les 2.000 hectares, un niveau record jamais atteint auparavant, soulignant que cette situation nourrit l’espoir de réaliser une bonne saison agricole.
De son côté, Ahmed, également agriculteur, a estimé que ces précipitations auront un impact direct sur l’amélioration des conditions de vie des populations locales, tant à travers la disponibilité des parcours naturels que par leur contribution à la recharge des nappes phréatiques, fortement affectées par les années successives de sécheresse.
Abdelkrim, autre agriculteur de la région, a relevé que cette embellie a redonné vie au milieu rural, la nature ayant revêtu un manteau verdoyant, faisant de la province une destination prisée par les familles et les visiteurs, notamment durant les périodes de vacances, pour profiter de ses atouts naturels.
De nombreux agriculteurs de la province de Sidi Bennour s’accordent ainsi à considérer que ces précipitations insuffleront une dynamique positive aux cultures céréalières et à la betterave sucrière, tout en contribuant à la baisse des coûts de production de la viande grâce à l’amélioration des parcours, ce qui devrait soutenir la dynamique économique et sociale de la région.
MAP