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EL JADIDA : LE FUTUR COEUR BATTANT DE L’ÉCONOMIE NATIONALE

“Ce sera plus difficile au vieux port de Casablanca de se mesurer au vigoureux et concurrent port de Jorf Lasfar, en exploitation depuis 1982”. (Cherfaoui Najib)

Dans ce climat de morosité ambiante qui stagne depuis longtemps au-dessus de la ville d’El Jadida, et pour cause, comment pourrait-on convaincre le citoyen qui se trouve malheureusement en rupture d’information, que cette province est appelée à représenter (par la force de ses acquis), le futur cœur battant de l’économie nationale?


Comment leur faire admettre qu’en supplantant le port de Casablanca, Jorf Lasfar est en train de renverser toutes les vapeurs pour rendre justice à cette province à laquelle on a toujours attribué le rôle de “l’éternel second”, en lui offrant enfin ses lauriers de première place économique à l’échelle du pays?
Certes, l’état des lieux dans son actualité, n’est pas propice pour faire accepter aux habitants une telle prévision, mais il se trouve que plusieurs indicateurs et faits réels attestent du plus grand des avenirs qui attendent cette entité territoriale.
Il y a donc une grande faille au niveau local, que ce soit en matière de gestion qu’au niveau de la vulgarisation de l’information qui fait que les citoyens intéressés ne peuvent savoir d’où vient le vent ni vers où il souffle.
Aussi, je comprends la surprise voire même l’incompréhension de certains de mes lecteurs, suite à mon précédent article titré “Jorf Lasfar, détrône le port de Casablanca”, et qui se basait sur une information qui venait d’être officialisée en son temps par le Ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau et qui cite en autres informations chiffrées que “ … Quant au port de Jorf Lasfar, il a réalisé la plus forte progression de l’année, avec un trafic de 32 millions de tonnes, et a devancé pour la première fois le port de Casablanca, devenant ainsi le premier port import-export du Royaume en termes de volume de marchandises traitées”.
Mes lecteurs ont été étonnés, n’en pas parce qu’ils mettent en doute le contenu de mon écrit mais tout simplement parce qu’ils n’arrivent pas à admettre que la nouvelle de ce retournement historique qui fera date dans les annales d’ El Jadida leur parvient d’ailleurs, alors que les principaux acteurs locaux et concernés en premier lieu ne semblent donner aucune importance à cet exceptionnel événement.
L’autre incompréhension dont on m’a fait part et à laquelle je n’ai pû répondre, a trait à l’état de ruralisation de la ville d’El Jadida et plus précisément en cette période où elle se démarque dans son nouveau rôle de leader économique qui est censé refléter les effets de son essor sur le terrain en attribuant la meilleure des images à la ville et la plus méritable des aisances aux citoyens qui y résident.
Pour le premier point d’interrogation ma réponse se limiterait au fait qu’on serait tenté d’avancer que les responsables qui veillent sur la gestion de notre ville et sa province ont les esprits tellement obnubilés par autre chose qu’ils ont laissé s’échapper cette donne qui représente un repositionnement de l’économie du pays et dont la province d’El Jadida aura à en tirer tous les profits dans un proche avenir.
En d’autres temps, un tel évènement aurait mobilisé toutes les instances qu’elles soient administratives, politiques, société civile et presse locale autour de la même table, les sensibilisant ainsi sur ce retour en force de la province d’El Jadida tout en les amenant à réfléchir sur les dispositions nécessaires qui doivent être prises en pareil cas.
En ce qui concerne la ruralisation de la ville et son état lamentable qui fait couler beaucoup d’encre et susciter toutes les colères par les temps qui courent, disons le avec courage et lucidité: ce n’est rien de plus qu’un passage à vide qui puise sa médiocrité de l’amateurisme des instances qui détiennent momentanément les rênes des affaires locales. L’avenir d’El Jadida reste tributaire du temps et des changements en matière de profils.
Une chose reste cependant certaine, c’est que le petit dragon s’est réveillé finalement et n’arrêtera plus sa lancée. Les informations que nous avons pu collecter et qui ont trait aux extensions prévues au port de Jorf Lasfar témoignent largement sur la grandeur de cet élan.
Dans sa stratégie portuaire à l’horizon 2030, le département de Transport et de l’équipement prévoit de porter le trafic global du port de Jorf Lasfar à 54 millions de tonnes. La concrétisation du projet de construction d’un nouveau port énergétique, dont le coût est estimé à 7 MMDH, est très attendue. La stratégie de développement de ce port mentionne également, la construction d’un terminal à conteneurs, ainsi que l’implantation du chantier de réparation navale pour remplacer celui de Casablanca. Il est aussi question d’y implanter un terminal méthanier, en alternative éventuelle ou en complément aux ports de Nador West Med et de Kénitra Atlantique. Le port de Jorf Lasfar se compose d’un plan d’eau de 200 hectares protégé de la houle par deux digues à talus de 3.100 mètres et 1.250 mètres de longueur, les appontements en «forme de peigne» délimitent des quais et des bassins spécialisés. Enfin, il faut noter que les principaux produits traités à Jorf Lasfar sont les phosphates et dérivés, en plus des hydrocarbures.
Je ne puis terminer sans citer le constat d’un expert maritime visionnaire, en l’occurrence Mr Najib Cherfaoui qui a assuré que “ce sera plus difficile au vieux port de Casablanca de se mesurer au vigoureux et concurrent de Jorf Lasfar, en exploitation depuis 1982. Toutefois, et au-delà de cette concurrence portuaire, il faut bien se rendre compte qu’El Jadida représentera dans le futur le cœur battant de l’économie nationale.
Ainsi donc, tous les indicateurs n’ont jamais cessé d’être au vert prometteur… reste à savoir pourquoi celà ne marchait pas comme le souhaitaient El Jadida et ses citoyens?
N’essayez plus de chercher la faille, suivez seulement mon regard.

Chahid Ahmed