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Province de SIDI BENNOUR : L’état d’une ville

dimanche 24 juin 2012

Une ville doit être à l’image de ses habitants, doit être ce que lui veulent les gens qui la peuplent, les gens qui ne sont que sa raison d’être. Il est insensé de concevoir une agglomération sans qu’il y ait des personnes, unies pour le mieux et pour le pire, qui y vivent ambitionnant de bénéficier amplement de leurs droits puisqu’ils payent pour cela, sans pour autant, enfreindre à leurs obligations. La loi brandit sa faux, dira Ahmed Fouad Najm.

Les contribuables attendent, de ce fait, qu’ils soient correctement servis. Le service qu’ils payent et le produit qu’ils attendent doivent être de qualité. La crédibilité des fonctionnaires, des employés, et ce, à tous les niveaux et sur tous les plans, dépend des services qu’ils offrent. Ceux-ci sont sensé savoir, sans aucune prétention, que leur travail n’a jamais été gratuit, et l’argent qu’ils perçoivent ne vient pas de la poche de leurs supérieurs, que cet argent ne tombe pas du ciel, ce sont les citoyens qui le déboursent.
Par ailleurs, il faut également garder présent à l’esprit le devoir de citoyenneté. La sagesse marocaine ne nous a-t-elle pas appris que la servitude de son pays est la source de la grandeur du bon citoyen ?

C’est dans cette logique que s’inscrit notre réaction vis-à-vis de l’état actuel de la ville de Sidi Bennour. Siège de la province et des autres délégations provinciales, « nous la voulions jolie comme un rêve doukkali, nous fait savoir cet intellectuel d’Ouezzane, rappelant, en l’occurrence, Allal (Driss El Khouri). »

Constituant toujours le point d’attraction symbolique de la région, la ville de Sidi Bennour compte toujours parmi les centres urbains les plus visités eu égard à sa situation entre le nord et le sud du pays, et de ce fait constitue un passage obligé des touristes n’hésitant pas d’y faire escale pour siroter un bon verre de thé à la menthe ou se régaler lors d’un repas en égrenant des brochettes. De plus, son souk de Tlath constitue le rendez-vous de grands commerçants venus des quatre coins du Maroc. « Cela nous fait mal de nous voir assumer ce laisser-aller, ce laxisme dont fait preuve les responsables qui sont devenus, par la force des choses, les nôtres. Nous croyons que le nouveau gouverneur qui a été bien accueilli via les réseaux sociaux et certains journaux électroniques », affirme El Habib, un Abdelhak Serhane d’El Bannouria.

Que la ville de Sidi Bennour devienne un terrain vague où évolue des chiens qui n’hésitent pas de se pavaner sur l’esplanade du pachalik et du Palais du conseil municipal, un pâturage pour des animaux errants, une décharge à ciel ouvert, un asile pour les aliénés dont le nombre ne fait qu’augmenter à chaque fois que les villes décident de s’en débarrasser pour une occasion ou pour une autre, cela ne suscite que du mécontentement de la part des citoyens contribuables qui se trouvent ainsi offensés dans leur amour propre. « Regardez comment ils osent se moquer de nous, comment ils nous traitent, comment ils nous servent, ces gens. Pensent-ils que nous lui demandions l’aumône ? Pensent-ils que cela dépende tout simplement de leur propre gré de faire leur travail ? », s’écrie Abdelhakim, ajoutant : « Pour qu’il y ait une croissance soutenue, il importera de maximiser l’utilisation de l’infrastructure publique existante et d’en assurer le bon fonctionnement. »

Ainsi, il serait souhaitable, voire urgent, de promouvoir la mobilisation de tous les acteurs concernés par la réhabilitation d’une ville et lui rendre son dû, laquelle ville suit de plus près comment sa frangine betteravière, Lafquih Ben Saleh, évolue sous les yeux vigilants des Béni Aâmir et Béni Moussa.

Une volonté politique forte des élus locaux dans la réalisation effective des projets de la mise à niveaux de la ville est urgemment requise, comme il l’a été promis à Sa Majesté le Roi lors de sa visite à la province de Sidi Bennour.

Abdelkrim MOUHOUB